Sororité

trio de musique improvisée

Description de l'image

Sabine Bouthinon

Si elle partait sur une île déserte, Sabine, altiste, prendrait les sonates et partitas pour violon, les suites pour violoncelle de Bach, et aurait de quoi se nourrir jusqu'à la fin de ses jours. Jouer du Bach, pour elle, c'est comme rentrer dans une cathédrale. Elle admire sa beauté inaccessible. Il y a quelque chose d'absolu dans Bach, de tellement inépuisable que cela peut se travailler toute la vie.

Dans l'improvisation, il ne s'agit pas d'approcher un idéal. C'est une acceptation totale de l'instant présent, une porte ouverte vers le lâcher-prise. Quand elle improvise, Sabine fait SA musique, c'est une expression très personnelle. Elle ne juge pas ce qui sort. La quête commune entre Bach et l'improvisation : être au plus près des émotions.

Elle envisage l'improvisation comme quelque chose de plus pictural que musical. Comme en calligraphie, il n'y a pas de coup d'essai, mais un geste précis. Le geste est lié à l'expression d'une émotion. La difficulté est d'être en contact avec une émotion précise pour entrer dans un geste précis. D'où l'écoute intérieure indispensable. La connexion à soi et aux autres créé des instants magiques, directs.

Quand elle improvise, Sabine est en quête de textures, elle veut trouver les sons qui ne sont jamais sortis de son instrument. Avec Sororité, elle veut chercher cela à trois, que la voix, la flûte et l'alto créent ensemble un son inédit, une texture inouïe !

Sabine est diplômée du CNSM de Paris avec un 1er prix d’alto et de musique de chambre, a suivi un 3ème cycle au CNSM de Lyon, est passée par la classe de pédagogie, le département de musique ancienne et est rentrée dans l’Orchestre de Chambre de Paris. Elle chante, a approché les tablas, est partie aux USA à l'Université de Yale rencontrer un maître de musique Jesse Levine grâce à la bourse Fulbright. Elle enseigne l'alto et fait actuellement une formation  au Centre des Musiques Didier Lockwood.

Mayu Sato-Brémaud

Pour Mayu, la flûte est un véhicule pour rencontrer des gens, voyager, faire de nouvelles expériences. C'est la vie. Jouer, c'est pour elle comme se laver les dents ou faire la cuisine : quelque chose d'indispensable de tous les jours. C'est le contact avec elle-même.

Mayu joue dans plusieurs formations : musique contemporaine, soundpainting (ensemble Amalgammes), musique de chambre avec le quintette à vent Arte Combo et le quatuor IKI (trio à cordes et flûte).

Avec Sororité, elle cherche quelque chose qui vient de l'intérieur, quelque chose de naturel. Il sort parfois quelque chose d'instinctif et de ludique aussi, des visages de l'enfance, un côté « lutin des forêts » qui lui vient peut-être de la culture japonaise et de sa relation intime à la nature, au vivant. Mais il y a des visages que Mayu n'a pas encore découverts. Avec Sororité, il est aussi question de visages à venir.

Entrée au CNSM de Paris en 1995 dans la classe d’Alain Marion et Vincent Lucas, elle a obtenu les premiers prix de flûte et musique de chambre en 1998.  En 1999, Mayu est retournée au Japon où elle a remporté le prix spécial de Mushanokoji Senke au 5ème Concours National de Flûte de BIWAKO. Installée en France depuis 2005, elle vient d'avoir un bébé avec lequel elle apprend beaucoup de choses : s'accorder sur les fondamentaux de la vie (respirer, rire, pleurer, manger, découvrir, prendre, donner...), faire simple, lâcher prise, être toute entière dans l'instant présent, varier un motif... En un mot : l'improvisation !

Maryline Guitton

Maryline improvise à la voix, au corps comme d'autres méditent. Cette voie lui permet d'accueillir l'ici et maintenant, de se sentir dans toutes ses cellules : le sang qui circule, les muscles qui frémissent, le cœur qui s'ouvre. Elle chante et danse par amour d'être vivante, pour exprimer son humanité, créer ainsi un espace sacré. En développant son instrument, elle a le sentiment d'oeuvrer à devenir une meilleure personne.

Chez elle, la voix, le mouvement et le verbe interagissent sans frontières. L'expression passe de la voix au corps, dans une expression à la fois animale et spirituelle, prenant sa source dans l'intériorité. Elle n'a pas de tabou vocal, n'a pas peur de choquer, ce qui en fait une performer cathartique. Sorte de fée-centaure, elle convoque des créatures chimériques dans des sons transgenres.

Comédienne, chanteuse et performer, elle explore la voix sous de multiples formes depuis 1998 : chant jazz, chant de gorge (Tuva, Sibérie), comédie musicale (Pierre-Yves Duchesne), lyrique (Robert Sentieys), slam (Dgiz), expérimentation vocale (Phil Minton) et particulièrement son parcours avec le Centre Roy-Hart/Panthéâtre (sons cassés, langages imaginaires...). Elle considère qu'il n'y a pas de sons laids, choquants. Elle les nourrit tous comme une mère qui aime tous ses enfants, même les tordus, même les difformes.

Elle a abordé diverses pratiques corporelles : afro-jazz, danse contact, tango, yoga. Elle enseigne la voix, assure le coaching vocal sur des pièces de théâtre et des spectacles de danse, dont "Lâchez les reines" (chorégraphie Sandra Moens) et "Dialogues avec l'Ange" (mise en scène Maud Buquet). Elle joue au théâtre dans des créations de théâtre physique (« Shut your eyes », « Impromptu pour trois notes) et est auteur compositeur de son groupe de chansons Chrysopée.